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Données concrètes sur le développement des enfants dans les nouveaux modèles familiaux

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Des constats qui tordent le cou à certains préjugés

La liste est longue. Familles monoparentales par choix, couples de même sexe, maternité de substitution, parents transgenres ou encore procréation médicalement assistée. Ces exemples de nouvelles structures familiales qui se répandent en Occident depuis les années 1970 se distinguent de la famille nucléaire, définie par la présence d’un père, d’une mère et de leur(s) enfant(s).

Depuis plusieurs années, les recherches menées par la professeure Susan Golombok, directrice du Centre for Family Research de l’Université de Cambridge, sont pionnières en la matière et jouissent d’une reconnaissance internationale. « De nombreuses personnes pensent que plus un modèle familial dévie de la norme, plus l’impact sur l’enfant sera négatif, explique la psychologue. Cette opinion est basée sur des préjugés. Le besoin de résultats empiriques est crucial pour être au clair avec ces situations. »

Invitée par les organisateurs du 15e Congrès de la Société suisse de psychologie, Susan Golombok s’exprimait lundi sur le résultat de quarante ans de recherches dans le cadre d’une conférence publique à l’Université de Lausanne. « La qualité des relations interpersonnelles au sein d’une famille est plus importante pour le développement d’un enfant que la structure dans laquelle il grandit. » Une qualité notamment définie à la lumière de l’implication émotionnelle, d’une présence chaleureuse et d’une bonne communication.

La guerre aux idées reçues

Des études longitudinales menées sur plusieurs années ont permis de montrer que ces nouveaux modèles familiaux n’étaient ni dysfonctionnels, ni sources de problèmes psychologiques chez l’enfant. Un constat qui tord le cou à plusieurs préjugés, à commencer par l’impact sur l’orientation sexuelle.

« Dans une de nos recherches, plus de 90% d’enfants de parents homosexuels s’identifiaient comme hétérosexuels à l’âge adulte, explique Susan Golombok. De plus, cet environnement n’exacerbe pas forcément la masculinité chez une fille ou à l’inverse la féminité chez un garçon. »

Non seulement les formes de familles contemporaines se portent bien, mais parfois mieux. « La forte volonté des parents à avoir des enfants peut expliquer la qualité élevée de leur rapport. L’enfant se sent désiré et valorisé, ce qui influence son développement de manière positive. »

Un constat qui gagne à être connu alors que la stigmatisation continue d’exister, bien que celle-ci soit moins courante qu’auparavant. « Les gens ont souvent peur de ce qu’ils ne connaissent pas ou de ce qui n’entre pas dans la norme. Mais il suffit parfois qu’un individu soit concerné par le sujet pour qu’il change d’avis. Par ailleurs, plus la réalité de ces familles non traditionnelles sera portée à la connaissance du grand public, plus elle aura des chances d’être acceptée. »

Frontières brouillées

Le discours selon lequel la famille nucléaire disparaîtra n’a aucun fondement selon la chercheuse. « La famille dont les parents sont mariés ou non reste le modèle le plus courant. » Dans le vaste imbroglio formé par de nouvelles configurations, quelle définition de la famille prévaut ?

« Difficile d’en donner une, admet la psychologue. Quand on leur pose la question, certains enfants incluent dans leur réponse des personnes avec qui ils n’ont pas de lien génétique. C’est une notion variable et personnelle. »

Un discours globalement optimiste qu’elle n’hésite pas à teinter de prudence à l’heure où la cellule familiale a tendance à s’élargir. « A l’inverse du Royaume-Uni, les Etats-Unis ne limitent pas le nombre d’enfants conçus par donneur. Cela signifie qu’un enfant peut se retrouver avec des dizaines de demi-frères ou demi-sœurs. Dans ces cas de figure, il faut penser à eux : pour certains, la découverte du nombre peut constituer un choc. De plus, le père biologique ne voudra peut-être pas tous les rencontrer. »

Une généalogie transfigurée qui pourrait se révéler être un véritable casse-tête juridique et génétique. « Les nouvelles technologies permettent de petits miracles mais elles doivent être appliquées dans un cadre contrôlé pour éviter les dérives. »

Responsabiliser l’école et l’Etat

Le visage de la famille nucléaire n’occupe plus une place exclusive au sein des représentations. Dans l’espace public ou à l’école, les familles non traditionnelles gagnent progressivement en visibilité. « L’école a pour rôle l’éducation et doit faire en sorte que tous les enfants se sentent égaux, notamment à travers des discussions ouvertes. Dans les lieux publics, j’ai le sentiment que les illustrations se diversifient de plus en plus », relève la chercheuse.

Ses études sont également un moyen de faire pression sur les lois. « Le sujet des familles porte un enjeu fondamentalement politique. Il est injuste de constater que des enfants ne sont pas protégés juridiquement. Les lois doivent s’adapter et correspondre à la réalité », estime Susan Golombok.

La pluralisation de la notion de famille s’accompagne de subjectivité et d’une certaine évanescence. Si les enfants se portent bien dans les modèles non traditionnels, est-ce que cela signifie qu’il n’y a pas de limites ? « Ces questions restent ouvertes, conclut Susan Golombok. D’autres modèles émergeront et il sera intéressant de voir grandir les prochains enfants dont ils sont issus et de les analyser en tant que parents. »

Source : article extrait du site internet "Le Temps", média de référence de la Suisse romande et francophone qui décline ses contenus sur différents supports avec la même exigence de qualité et indépendance éditoriale.

Dernire mise jour le 11 septembre 2017

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